lundi 18 avril 2011

De l'avenir du Hackintosh

Photo : digitaltrends.com
Non, non, il n'y a aucune faute de frappe ! Vous avez bien lu "hackintosh"...
Vous l'aurez compris, il s'agit en fait d'un mot-valise composé à partir des termes "hack" et "Macintosh"...
Pour ceux qui n'ont jamais été confrontés à ce néologisme, il nous faut remonter à l'année 2005 (en Juin précisément), juste après l'annonce par Apple (lors de la Worldwide Developers Conference) du passage de sa nouvelle génération de machines à une architecture à base de processeurs Intel. La nouvelle, assimilée à une quasi trahison, fit alors un tollé au sein de la communauté des utilisateurs de Mac. La migration vers le processeur Intel transformait toute la gamme de machines PowerPC Apple en "vulgaires" PC, les exposant, selon les puristes, aux virus et à une certaine instabilité. En réalité, il y avait derrière cette transition un enjeu économique majeur pour la firme de Cupertino, puisqu'elle allait mettre un terme au seul défaut réputé de leurs machines : l'incompatibilité avec les systèmes PC. Les nouveaux Mac seraient donc équipés d'un logiciel (Boot Camp) qui leur permettrait d'installer Windows nativement, en parallèle de Mac OSX, et donc de pouvoir exécuter rapidement des programmes conçus pour les PC, et notamment des jeux.
Pourtant, ce que Steve Jobs était alors loin d'anticiper, c'est qu'une telle inovation pourrait, à l'inverse et  théoriquement, permettre l'installation des nouvelles versions de son système d'exploitation sur un PC...

"Projet OSX86"
Ainsi vit le jour un projet collaboratif appelé "OSX86". Initié par un groupe de hackers, il visait à modifier le système d'exploitation d'Apple afin de le rendre totalement compatible avec les architectures PC. Il devint donc rapidement possible de faire fonctionner Mac OSX sur un PC. La tâche, en revanche, se révèla particulièrement ardue, et les premiers aventuriers abandonnèrent vite : le système étant fait pour fonctionner avec une seule gamme de matériel, et le PC se trouvant être par définition un assemblage de pièces diverses et variées, il était très rare d'aboutir à quelque chose de fonctionnel. Une fois passée l'étape de l'installation (chose déjà fort hasardeuse), peu d'éléments du système d'exploitation fonctionnaient correctement, et il fallait alors passer de longues heures à rechercher lignes de code et drivers modifiés, souvent sans succès. Par ailleurs, les fréquentes mises à jour d'Apple rendaient la tâche d'autant plus ardue. Outre la performance technique, on pouvait alors légitimement se demander pourquoi installer un système totalement instable, alors qu'OSX est justement réputé pour sa stabilité...

L'affaire Psystar
Avant de déposer le bilan, Psystar vendait
 ses Hackintosh au prix de 554.99$ 
On le voit, le projet OSX86 ne présentait pas au départ un aspect assez "grand public" pour se développer. Il y avait pourtant un moyen d’obtenir une machine réellement fonctionnelle : monter un PC de toutes pièces en n'utilisant que du matériel réputé compatible... et c'est ce que fit la société Psystar, en proposant une gamme de PC "Hackintoshables". Mieux : Psystar livrait ses ordinateurs avec Mac OSX préinstallé ! Autrement dit, des Macs hyper performants à des prix défiant toute concurrence. Bien entendu, la nouvelle fût extrêmement médiatisée, et Apple ne tarda pas à se manifester... en portant plainte. En effet, le contrat de licence de la firme de Cupertino n'autorise pas l'installation de son système d'exploitation sur autre chose qu'une de ses propres machines. Psystar se retrouva donc condamnée pour violation de droits, contrefaçon et concurrence déloyale. Pourtant, loin de se décourager, la jeune firme invoqua la loi anti-trust et attaqua à son tour Apple en justice, ce qui lui permit, en l'absence d'un jugement définitif, de continuer à vendre ses clones pendant de longs mois. Elle alla même jusqu'à développer un logiciel permettant d'installer Mac OSX sur quasiment n'importe quelle configuration.
L'histoire se termina pourtant en 2009, où la société fut définitivement déboutée et déposa le bilan, ruinée par une bataille judiciaire longue et onéreuse.

Quel avenir pour le Hackintosh ?
Les méthodes alors utilisées par Psystar se sont aujourd'hui démocratisées. Les systèmes qui permettent d'installer l'OS d'Apple sont de plus en plus étudiés pour s'adapter au mieux aux diverses configurations, présentés sous la forme d'un CD ou d'une clé usb à charger avant de booter sur le CD original de Mac OSX.
De plus, malgré l'aventure malheureuse de Psystar, d'autres sociétés (dont celle d'un jeune auto-entrepreneur français) ont repris le concept et proposent des PC cent-pour-cent compatibles Mac. Lançons les paris : combien de temps encore faudra-t-il avant qu'Apple s'intéresse à eux ?
Enfin, (et c'est probablement le plus intéressant pour le grand public), quelques machines s'avèrent nativement compatibles out of the box, comme le netbook Dell mini 10V sur lequel, via un petit programme de boot en usb, on fera très facilement fonctionner la dernière version de Mac OSX "Snow Leopard", sans aucun bug et en obtenant d'excellentes performances. C'est à se demander à quel point le constructeur, sentant le marché du hackintosh s'agrandir, n'a pas volontairement conçu sa machine de manière à la rendre compatible... mais je m'égare sans doute...
S'il est aujourd'hui difficile de juger l'ampleur du phénomène "Hackintosh", il semble, au regard de sa notoriété sur la toile, qu'il représente un réel marché avec une cible identifiée, bien au-delà d'un phénomène de niche.

Qu'en pensez-vous ? 
Si vous avez déjà goûté à l'expérience Hackintosh, laissez-nous un commentaire pour nous raconter vos impressions, joies et déboires, vos avis (négatifs ou positifs) et n'oubliez pas de répondre à notre petit sondage sur le sujet (ci-contre, colonne de droite), mis en ligne jusqu'à mi-mai.


Sources : Wikipedia


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